Le peuple est con, il mérite de souffrir
Bidule se plaint des antennes-relais mais continue à acheter des portables…Bidule voudrait bien éviter les insomnies causées par l’antenne-relais installée sur son toit, mais Bidule ne veut pas sacrifier son portable à son sommeil.
Bidule veut le beurre et l’argent du beurre, mais tout ce qu’il récoltera c’est des insomnies, un cancer potentiel du cerveau (si la nocivité du Portable se confirme dans le futur) ainsi qu’un réseau plus perfectionné encore pour cacher le fait qu’il est plus seul que jamais, on aura beau le connecter par tous les trous, il restera invariablement seul comme tous ceux qui l’on précédé…
“Comme leur nom ne l’indique pas, les nouveaux objets nomades sont des fils à la patte incassables.[...] Le portable c’est le cocon élargi aux dimensions de l’univers, c’est une existence soustraite à l’épreuve salutaire de la séparation, c’est l’éloignement jugulé par “le toujours joignable” et c’est le vide angoissant qu’il faut faire en soi pour rencontrer, pour contempler ou pour battre la campagne, conjuré par l’affairement perpétuel.
Alain Finkielkraut – L’imparfait du présent (p.127)
